Lionel Jospin
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26 août 2006

Université d’été du MJS à La Rochelle

Classé dans : Mes articles et interventions — Webmestre @ 0:11

Je remercie Razzye Hammadi et votre direction nationale de m’avoir invité à m’exprimer devant vous.

C’est ma première intervention depuis l’été 2001 à l’université de La Rochelle et, qu’elle intervienne devant les jeunes socialistes, est pour moi un plaisir particulier.

Comme vous me l’avez demandé, je traiterai devant vous du rapport de la gauche au pouvoir et puis, je serai disponible pour le débat.

« Gérer, réformer, transformer ? quel rapport de la gauche au pouvoir ? ». Vous avez bien choisi les termes.

Gérer, parce que, au pouvoir, nous sommes en charge de tous les problèmes du pays. Nous ne pouvons en éluder aucun, nous devons agir mieux que ne le fait la droite. Confrontés aux intérêts particuliers, nous devons rechercher l’intérêt général, et aussi l’intérêt national, sans oublier ceux que nous avons vocation à défendre. Nous agissons dans un cadre européen et dans un monde dur où s’impose pourtant à nous un devoir de solidarité.

Réformer, car nous sommes de la longue lignée des socialistes réformistes. Et, déjà, là les choses se compliquent. Réformer, c’est corriger, c’est changer en mieux. Mais que doit-on corriger et où est le mieux ? Il y a un vif débat sur cette question, non seulement entre les réformateurs en chambre et les politiques, mais aussi entre la droite et la gauche.

La droite a son propre usage du mot réforme. Pour elle, cela signifie de plus en plus remettre en cause des avantages acquis et des conquêtes sociales du monde du travail sous prétexte de modernisation et d’adaptation à la compétition internationale. A ses yeux, le contrat à durée indéterminée est un handicap et le contrat précaire une nécessité. D’où la réforme dite du CPE que, par votre mouvement, vous avez envoyé…à la réforme. Autre sens du mot.

Pour la gauche, les réformes sont faites,en principe, pour améliorer le sort du plus grand nombre, pour aller vers une société plus juste. Mais peut-on à chaque fois accorder davantage ? prenons l’exemple des retraites. Quand le nombre des retraités augmente régulièrement par rapport au nombre des actifs, il est inévitable de consentir des efforts. La différence ne peut porter sur l’effort ou l’absence d’effort. Elle doit porter sur la répartition des efforts.

Transformer, parce que c’est la justification même du socialisme. Nous sommes un mouvement politique de transformation sociale. Nous savons que celle-ci ne peut plus prendre la forme d’une révolution violente. Cette transformation doit être démocratique, graduelle et contrôlée. L’aspiration à réduire l’inégalité entre les hommes et à élargir les chances d’épanouissement personnel de chacun reste notre exigence. Mais la complexité de nos sociétés, l’internationalisation de l’économie, la faculté pour les citoyens de dire non dans un processus démocratique, le mélange constant, en France, du désir de changement et la peur des réformes, tout cela rend très délicat la conduite des transformations. D’autant que s’y ajoute l’impétuosité du mouvement des sciences et des techniques, qui n’est ni de droite, ni de gauche, et qu’il faut à la fois favoriser et maîtriser.

A ces trois termes, j’en ajouterais un autre : conquérir. Car avant de gérer, de réformer, de transformer, il nous faut reconquérir le pouvoir que nous avons perdu. Et ce ne sera pas chose facile, malgré l’échec de la droite au pouvoir. En politique, rien n’est automatique.

Mais parlons justement de l’accès au pouvoir.

Les questions de la conquête, de l’exercice du pouvoir ont été longuement débattues au XIX et XX émes siècles dans le mouvement ouvrier et socialiste. Ces questions portaient tout à la fois sur les formes de la prise du pouvoir : pacifiques ou insurrectionnelles ? sur ces modes d’occupation : respectueux des cadres légaux et acceptant l’alternance ou provoquant un bouleversement irréversible ? Sur les finalités du pouvoir : imposer une société totalement nouvelle- ou supposée telle- ou améliorer progressivement de façon plus ou moins ample la société existante ?

Ce débat a opposé, en France et ailleurs, les réformistes et les révolutionnaires, les socialistes et les communistes, le socialisme démocratique et le léninisme.

Mais il a été tranché par l’histoire. Les révolutions violentes dirigées par des avant-gardes débouchant sur la dictature de partis uniques fondée sur la terreur policière ont provoqué d’immenses tragédies et ont entraîne de nouvelles formes d’exploitation et d’aliénation. La Révolution soviétique qui a eu un tel poids sur les imaginaires, loin d’avoir été irréversible a débouché, après 70 ans de glaciation, sur une restauration capitaliste sauvage et sur un système politique ou l’autoritarisme dénature la démocratie. Tout devrait donc être clarifié.

Pour tant le rapport de la gauche au pouvoir reste complexe.

Le parti socialiste et le parti radical de gauche ont pleinement intégré la problématique du pouvoir d’Etat. Ils sont des partis de gouvernement. Ce qui ne veut pas dire que le parti socialiste doive renoncer à être une force de transformation. Car gouverner permet justement de transformer.

Le parti communiste reste ambivalent. Le PC a intégré sans état d’âme la culture du pouvoir local avec le nécessaire réalisme qui s’y attache. Je n’ai jamais entendu un maire ou un président de conseil général communiste se représentant aux élections dire que sa gestion a été un « échec » ou une « déception ». Localement, les communistes défendent leur bilan ou ceux des équipes de gauche auxquelles ils appartiennent, sont fiers de ce qu’ils ont fait et n’ont pas d’hésitation pour demander aux citoyens de les réélire. Par contre, au niveau de l’exercice du pouvoir d’Etat et de l’action gouvernementale, les dirigeants communistes restent par principe dans une attitude « critique » voire négative. J’ai parfois envie de demander à Marie George Buffet, qui fut cinq ans ministre de mon gouvernement, ce qu’elle avait bien pu faire – et je sais qu’elle a fait beaucoup, avec mon plein soutien- pour ne pas en être fière et en jamais parler ! Or comment gagner des élections, si ceux qui ont conduit une action ensemble la renient au lieu de la défendre ? Là aussi, un changement culturel est nécessaire.

Les Verts sont un courant politique plus récent et ont participé pour la première fois à un gouvernement en 1997, avec la gauche plurielle. Leurs ministres ont vraiment participé. Mais le mouvement des Verts par ses formes d’organisation et ses modes de fonctionnement semble encore mal préparé à l’exercice des responsabilités, y compris parfois au niveau local.

L’extrême gauche, quant à elle, escamote la question du pouvoir, pour tenter d’échapper en vain à ses contradictions. La LCR ou LO n’osent plus revendiquer publiquement la vieille conception léniniste de la prise révolutionnaire du pouvoir par une avant-garde : eux, j’imagine…. Par ailleurs, elles refusent de participer avec les forces de gauche à un pouvoir donné par l’élection. Elles dénoncent l’action des partis de gauche quand ceux-ci gouvernent. Mais elles s’indignent de la politique de la droite quand celle-ci est revenue aux affaires en partie grâce à leur dénonciation. On est en plein vide, en pleine incohérence, théorique et pratique. Les solutions, pour les milieux populaires et la jeunesse, ne peuvent venir de là.

Revenons donc à la gauche qui, face à la droite, accepte la responsabilité du pouvoir. Comment renforcer nos chances de la retrouver, de l’exercer bien et de la conserver ?

D’abord, en étant aussi exigeants que possible dans nos propositions. Les électeurs de gauche appartiennent en général à des catégories sociales qui ont plus besoin que d’autres qu’on améliore leurs conditions d’existence. Nous ne pouvons donc venir au pouvoir pour gérer en laissant la société en l’état. C’est pourquoi, les passages de la gauche au pouvoir en 1936, 1945, 1956, 1981, 1988 et 1997 se sont traduits par des avancées sociales et des réformes significatives.

Mais il est plus difficile de transformer que de conserver. La droite a été à plusieurs reprises réélue entre 1958 et 1981. Aucune majorité de gauche n’a été reconduite après 1981, pas plus en 1986 et en 1993 qu’en 2002. Et si la droite a été battue en 1988 et en 1997, c’est peut-être qu’elle s’était mise à secouer la société et qu’elle était devenue plus réactionnaire que conservatrice. Dès lors, elle inquiétait. Espérons que la « rupture » professée par M. Sarkozy nous aidera à faire subir le même sort à la majorité sortante !

En 1997, nous avons été exigeants dans nos engagements. Nous avons rompu avec l’orthodoxie économique, nous avons rejeté la résignation face au chômage, nous avons mené une politique volontariste en matière économique et sociale, tout en faisant des réformes de société et en rénovant les pratiques politiques.

Certes, la cohabitation a créé de la confusion et nous n’avons pas échappé à l’usure du pouvoir. Et si la partie s’est mal terminée, cela ne signifie pas que, pendant cinq ans, nous l’avons mal conduite.

Peut-être faut-il rappeler que le Gouvernement de M.Juppé a été carbonisé en deux ans ; que ceux de M. Raffarin et M. de Villepin ont été, pour l’un défait en 18 mois, pour l’autre affaissé en dix. De cette façon déjà, s’est marquée une différence entre la gauche et la droite. Les mauvaises périodes des présidences de J.Chirac ont été celles où nous n’étions pas au pouvoir. C’est une consolation….toute relative. C’est pourquoi je suggère à ceux qui veulent assurer la suite au pouvoir, surtout quand ils sont au parti socialiste, de traiter la période de 5 ans pendant laquelle nous avons gouverné avec la gauche comme un socle sur lequel s’appuyer, y compris pour aller plus loin, et non comme une phase qu’il faudrait occulter, ou pire, avec laquelle il faudrait prendre ses distances en empruntant parfois des arguments à l’adversaire. A procéder ainsi, on servirait la droite en nous affaiblissant. Etant attaché à la valeur travail, je propose de valoriser le travail fait.

Surtout essayons de montrer, à partir du projet…socialiste que nous avons adopté avec quelles exigences renouvelées aussi fortes qu’en 1997 ou plus fortes, nous pourrons obtenir, à nouveau, la confiance des Français et revenir aux responsabilités.

Etre exigeants ne dispense pas d’être réalistes.

Le monde dans le quel nous vivons est dur, inégal et instable. L’Europe, préservée du malheur n’en est pas moins bloquée. L’humeur collective des Français est morose et incertaine. La relation de nos concitoyens à la politique est dégradée. Alors, veillons à ne pas nourrir cette dégradation. Cela suppose de défendre le rôle fondamental des partis dans la vie démocratique et le caractère irremplaçable d’une formation militante et de libre débat comme le parti socialiste et le…MJS.

C’est ce que vous avez fait vous-mêmes dans le mouvement contre le CPE, en respectant les organisations syndicales et les coordinations, mais en vous affirmant sans crainte comme un mouvement politique de jeunes engagé dans l’action. C’est pourquoi vous avez été à l’aise partout.

Si la gauche gagne en 2007, elle héritera d’une situation des finances publiques et de la sécurité sociale dégradée. Nous ne devrons pas nous enfermer dans une politique économique rigoriste, mais nous ne pourrons faire n’importe quoi. Je pense par exemple au problème des retraites -plus grave à terme pour vous que pour moi- sur lequel nous ne pourrons pas nous dispenser de faire nos propres propositions.

Réussir suppose de passer de façon cohérente des promesses de campagne aux actes de gouvernement. Pour cela, un parti politique fort et respecté est aussi indispensable quand vous êtes au pouvoir…et peut être aussi pour vous y amener. J’ai eu la chance d’avoir un tel parti à mes côtés et j’en remercie une fois encore F.Hollande qui a poursuivi sa route à notre tête. Ce parti, je l’ai moi-même pleinement respecté et écouté. Je souhaite que mes successeurs éventuels puissent renouveler une telle relation.

Nous aurons plus de chances de gagner, de réussir et d’être reconduits aux responsabilités si les socialistes et la gauche restent ensemble. Cela suppose l’unité bien sûr, le respect des partenaires et le sens du collectif. Mais cela implique aussi d’admettre le relativisme de l’action politique. Il y a une chose que j’envie à la droite : c’est sa capacité à défendre, bec et ongles, ce qu’elle a fait. Elle peut aussi se diviser et parfois avec violence. J’espère qu’elle le fera encore. Mais je ne l’ai jamais vue battre sa coulpe ou pratiquer l’auto flagellation en public. Si le défaut de la droite, c’est le cynisme, la faiblesse de la gauche, c’est la mauvaise conscience. On trouve encore présente dans la gauche française une nostalgie révolutionnaire ou une culture de la faute qui la pousse à ne pas savoir assumer ce qu’elle fait, même quand elle fait bien. Je suis absolument persuadé que si toute la majorité plurielle avait défendu devant les Français, prêts à être convaincus, ce que nous avions fait ensemble, nous aurions pu gagner la présidentielle, puis les législatives.

Je voudrais maintenant traiter de quelques questions que votre Président Razzy Hammadi m’a suggéré d’aborder.

La première : « en quoi la pratique du pouvoir de la gauche se distingue-t-elle de celle de la droite ? »

Si je me limite, pour faire court, à la comparaison des années 1997-2002 et 2002-2006, le contraste est net :

- d’un côté, un volontarisme en politique économique tourné vers la croissance (avec pour conséquence le rétablissement des équilibres) ; de l’autre, une orientation économique passive, résignée et, pour tout dire, libérale.

- d’un côté, une conception économique et une vision sociale conçues ensemble (Martine Aubry chargée de la politique sociale était associée étroitement à la définition de la politique économique au côté de Dominique Strauss-kahn) ; de l’autre, une politique économique et financière confiées à deux patrons de grandes entreprises et à un oiseau de passage pour qui le social est considéré comme un handicap pour l’économie ;

- d’un côté, un gouvernement qui, à l’encontre de la tendance naturelle de l’économie capitaliste à secréter des inégalités, a décidé des mesures positives pour les milieux populaires : réduction du temps de travail sans diminution des salaires, emplois jeunes, très nombreuses créations d’emplois (notamment dans les services publics), couverture maladie universelle, allocation personnalisée d’autonomie…etc. ; de l’autre, une politique fiscale favorisant outrageusement les catégories déjà privilégiées ;

- d’un côté, une priorité majeure accordée à la lutte contre le chômage avec deux millions d’emplois créés en 5 ans (record historique pour la France) et une baisse du chômage de 900 000 personnes ; de l’autre, très peu de créations d’emplois (100 000 en 4 ans) et une baisse récente du chômage qui s’explique essentiellement par l’effet démographique et les interventions statistiques. Il y a moins de chômeurs théoriques et plus de Rmistes effectifs.

- d’un côté, une politique de lutte contre l’insécurité mais non séparée de la dimension sociale et urbaine qui enserre les problèmes d’insécurité : police de proximité, emplois jeunes dans les quartiers, politique de la ville. Mais il est vrai que l’augmentation de la délinquance et la difficulté d’une partie de la gauche à prendre en compte la sensibilité des milieux populaires à l’égard de l’insécurité au quotidien nous ont desservis ; de l’autre, une politique qui proclame que la lutte contre l’insécurité est une priorité mais qui a laissé prospérer sa forme la plus dangereuse : les agressions contre les personnes, une politique qui a accru les tensions sociales et humaines, en particulier dans les quartiers les plus fragiles (on l’a vu avec les flambées de violence). On avait la police de proximité, on a maintenant les hélicoptères et les caméras !!

- d’un côté, des réformes de société, avec la parité, le PACS, prenant en compte et favorisant l’évolution des mentalités ; de l’autre, un discours autoritaire et paternaliste, dans l’immobilisme.

- d’un côté enfin, une approche républicaine du pouvoir d’Etat : respect de l’indépendance de la justice, pas d’interventionnisme dans les médias, objectivité dans les nominations de hauts fonctionnaires, réduction du cumul des mandats, respect du Parlement, inexistence des scandales et des affaires ; de l’autre, un interventionnisme sur les institutions dites indépendantes et une approche clanique du pouvoir. Or de ce point de vue, tout indique que N.Sarkozy serait plus effréné que J.Chirac.

2éme question : « quel partenariat avec les forces de gauche au pouvoir ? »

En 1997, surpris par la dissolution, notre projet était prêt et nos candidats désignés, mais nous n’avions pas encore eu le temps de négocier un contrat de gouvernement avec tous nos partenaires potentiels. C’est la campagne législative et la victoire qui ont fait la « majorité plurielle ».

Entre 1997 et 2002, les échanges ont été constants entre les cinq composantes de la majorité : discussion collective chaque semaine dans la réunion des ministres, rencontres régulières entre les leaders des formations politiques de la majorité et moi-même, contacts fréquents entre les groupes parlementaires, liens réguliers entre les responsables des partis de gauche.

Le gouvernement a respecté pleinement le Parlement et s’est appuyé sur sa majorité : plein usage des questions d’actualité, aucune utilisation de l’article 49-3, discussion approfondie avec la majorité sur les projets gouvernementaux. Mais j’ai eu deux exigences absolues : le budget de l’Etat et la loi de financement de la sécurité sociale devaient être votés. Ma vison était : liberté et solidarité.

Cette solidarité a été bien vécue pendant 4 ans mais s’est affaiblie pendant la dernière année et tout cela s’est défait dans la campagne présidentielle.

Aujourd’hui, dans l’optique des prochaines échéances, plusieurs questions se posent :

- quel équilibre trouver entre le parti le plus important, le nôtre, qui seul peut gagner mais ne peut gagner seul, et ne doit pas être dominateur, et les partis ayant moins de suffrages nécessaires à l’ensemble ; ils doivent être respectés, mais ils ne peuvent imposer leurs conditions parfois contradictoires (ex : le nucléaire) ou exercer un chantage à la défaite et exacerber leurs critiques sous peine d’interdire toute dynamique unitaire et de laisser nos concitoyens désorientés (en particulier à gauche) ;

- faut-il un programme commun pour gouverner ? pas dans le sens de 1972 mais une plate-forme ? c’est souhaitable parce que cela fonde un contrat ; c’est difficile parce que chacun a son identité et que, paradoxalement, la présidentielle, qui devrait rassembler, désormais disperse ; j’ai parfois l’impression que chacun tire argument du fait qu’il n’y en a pas, sans faire d’effort pour qu’il y en ait ; disons qu’un accord sur des grandes orientations avant la présidentielle et les législatives serait sûrement utile.

- faut-il des candidatures communes à l’élection présidentielle ? Nous avons fait deux expériences opposées. Une candidature unique autour de François Mitterrand en 1974 : cela n’a pas suffi à assurer la victoire. 5 candidats des partis de la majorité plurielle en 2002 : cela a garanti l’élimination de la gauche au premier tour. Un dispositif du type de celui de 1995 avec un candidat commun du PS et de deux autres partis, un candidat communiste et un candidat écologiste me parait bien préférable. Il fait sa part à la diversité et évite l’excès de dispersion. Je sais que François Hollande et Daniel Vaillant y travaillent. Un climat fraternel entre les candidats de gauche est par ailleurs indispensable, si l’on veut espérer créer une dynamique unitaire. Sinon, il ne faut pas se montrer surpris de se retrouver face à la droite au pouvoir pour constater les dégâts.

3éme question : « quel rapport aux médias, aux lobbies et au mouvement social ? »

- aux médias :

Nous devons respecter l’indépendance de la presse et ne pas chercher l’interventionnisme. Je sais que la droite pratique un mélange de copinage et d’intimidation. Mais il faut garder une éthique et un style différents. En même temps, nous devons préserver notre propre indépendance, affirmer l’importance des partis politiques en démocratie, protéger ce qui fait l’essence précieuse du parti socialiste (et du MJS) : une libre organisation de militants ; refuser que quiconque décide de l’extérieur, à notre place, mais peser nous-mêmes nos décisions et faire nous-mêmes nos choix.

- aux lobbies :

Pendant mon gouvernement, ils ont défendu leurs intérêts, mais nous ne leur avons pas été soumis. Nous étions dans une situation d’indépendance à l’égard du patronat. Le MEDEF nous a beaucoup contesté. Or, nous ne sommes pas indifférents aux chefs d’entreprise ni ignorants des réalités économiques. Mais un gouvernement digne de ce nom a ses propres objectifs et ses devoirs vis-à-vis des Français. La droite est au contraire dans une situation de consanguinité avec le patronat car, aux liens personnels multiples et étroits s’ajoute la parenté idéologique autour du libéralisme. Cela aboutit à une confusion du pouvoir économique et du pouvoir politique où des catégories sociales sont sacrifiées et où l’intérêt général se perd. La gauche doit préserver la France de ce risque.

- au mouvement social :

Il n’y a pas eu de grand mouvement social sous mon gouvernement du type de ceux contre la réforme des retraites ou contre le CPE. Ce n’est pas un hasard. Il y a eu naturellement des conflits dans des entreprises mais qui concernaient la politique de leurs dirigeants. Il y a pourtant un conflit que je veux évoquer, à cause de sa dimension humaine et de sa force symbolique, au début de la législature : je veux parler du mouvement des chômeurs. Loin d’être indifférents à celui-ci ou de compter sur son pourrissement, nous avons discuté en direct à Matignon avec leurs représentants et répondu à une demande légitime. Plus globalement, je crois qu’il faut sans doute pour l’avenir, trouver un nouvel équilibre entre la loi et le contrat, entre ce qui relève du législateur et ce qui est négocié entre les partenaires sociaux.

Dernière question qui m’a été suggérée : « comment la gauche peut-elle rendre le pouvoir au citoyen tout en l’exerçant ? »

C’est une des questions les plus difficiles de la démocratie. Un pays où l’abstention est forte n’est pas un pays où les citoyens réclament plus de responsabilités. Nos élus véritablement engagés dans l’exercice d’une démocratie directe ou de la participation citoyenne (je pense à Bertrand Delanoë à Paris et à bien d’autres) savent la difficulté et les limites de cet engagement même si celui-là est authentique, car il vous confronte au jugement et à la mise en cause directe des citoyens. Mais c’est souvent une petite minorité qui participe effectivement.

La grande réforme de la décentralisation apportée par la gauche en 1982/83 a été une réponse. En transférant des compétences aux élus locaux, elle a rapproché les lieux de pouvoir et de décision des citoyens. Mais elle ne leur a pas « rendu » un pouvoir qu’ils n’avaient jamais exercé. Notre démocratie reste représentative. Vous avez d’ailleurs subtilement formulé votre question : il faudrait à la fois « rendre » le pouvoir et « l’exercer ». C’est toute la question de la relation démocratique au citoyen qui est aujourd’hui posée.

Bien sûr, il faut utiliser les techniques nouvelles de communication, tout ce qui permet de créer ce que d’aucun appellent l’inter-activité , la relation plus directe et rapide entre les individus, voire entre la société civile et les lieux de pouvoir.

Mais le tuyau ne donne pas le contenu, la technique ne remplace pas la politique. Il faut donc pour les responsables, avoir des idées, des convictions. Il faut se prononcer sur les grands problèmes du pays et donc du monde, en exposer clairement les enjeux, dire quelles seront nos décisions demain, ou aujourd’hui nos actes, afin que les citoyens soient à même de juger et, s’il le faut, de trancher. Il faut leur dire « voici mes idées, voici nos idées. Je souhaite que nous puissions les partager ». Il faut s’appuyer sur les formations politiques représentatives et d’abord sur la vôtre, tenir compte des positions des organisations syndicales, nouer les dialogues nécessaires avec les associations, consulter directement les citoyens quand le sens de la question posée est clair, utiliser les conférences citoyennes sur les questions complexes. Et, autour de positions aussi claires et articulées que possible, permettre aux citoyens de juger pleinement au moment des élections : telle reste l’essence de la politique démocratique.

La gauche, dans les mois qui viennent, va à nouveau solliciter la confiance des Français. Peut-être sera-t-elle demain au pouvoir. Il lui faut en poser nettement les enjeux. Récemment, j’en ai évoqué quatre.

Le premier, et l’enjeu majeur, c’est le travail et l’emploi. Cela suppose une politique économique vigoureuse, c’est-à-dire de gauche. Le marché ne résoudra pas tout à lui seul. L’initiative publique est nécessaire, comme c’est le cas dans tous les pays en expansion aujourd’hui. Nous le savons : l’héritage du quinquennat sera mauvais ; il nous faudra donc à la fois rééquilibrer et relancer la machine économique, retrouver les équilibres par la croissance, muscler notre appareil productif, répondre aux aspirations des Français, en somme être efficaces et justes. Le défi de la mondialisation doit être relevé, mais en tirant notre modèle national vers le haut par le progrès scientifique et l’innovation et non en l’alignant vers le bas (par la précarisation) sur les pays à bas salaires et à faible protection sociale.

Le deuxième enjeu concerne la République et, par elle, la restauration de l’autorité de l’Etat, le respect de la loi et la sécurité des personnes. Comment tenir un discours crédible sur l’ordre nécessaire, comment inciter chacun, notamment les plus jeunes ou les plus maltraités par la vie, à obéir aux lois si tant de responsables et de décideurs défendent leurs privilèges au-delà de toute décence ? L’école, le savoir, le talent, la culture doivent être valorisés face à la médiocrité, à la vulgarité et à la démagogie. Pour assurer la sécurité, il faut à la fois prévenir et réprimer et aussi, éduquer, réduire les discriminations, restaurer les cadres de vie. Ce sera plus aisé à faire, si sont respectés dans toutes les couches de la société les droits et les devoirs qui fondent la vie en commun.

Le troisième enjeu est international. Il s’agit d’assurer l’influence et le prestige de la France et de lui redonner un rôle moteur en Europe. La paralysie actuelle de l’Union n’est pas due seulement à une panne institutionnelle mais d’abord à un manque de perspectives et de sens. Nous ne devrons pas nous aligner sur le libéralisme économique déjà si influent à Bruxelles, mais nous centrer sur les problèmes essentiels du continent : la croissance durable, l’emploi, la coordination des politiques économiques, le rôle des services publics, la recherche et la formation, les alliances industrielles, la protection de l’environnement, la défense des intérêts de l’Union et de ses populations, nos responsabilités à l’égard des pays pauvres et la régulation des flux migratoires, la défense et la sécurité du continent. L’Europe doit être inspirée par ses peuples, affirmer son identité et son modèle. Quant à la France, elle ne peut faire cavalier seul, elle ne doit pas rechercher les postures, elle doit être pleinement européenne mais, face à l’extraordinaire complexité des réalités internationales et face aux simplisme qui marque trop souvent la politique américaine, elle doit être parmi les pays qui pensent le monde librement.

La quatrième concerne le progrès et l’avenir. Le progrès est-il encore possible ? Beaucoup de Français en doutent. Comment convaincre nos compatriotes qu’un progrès collectif est encore possible ? Il faut déjà donner une priorité absolue à la recherche fondamentale et appliquée pour faire, de la France, en quelques années, une nation pilote en matière de science et de technologie. L’emploi en dépend. Il faut aussi instaurer un juste partage des fruits de l’activité économique et de la richesse nationale afin que renaissent dans notre pays la conscience d’un destin collectif et l’espoir d’avenirs individuels, en particulier pour vous les jeunes.

Concilier économie et écologie, croissance durable et protection de la nature, justice sociale et épanouissement individuel, décollage des pays du Sud et changement dans nos modèles de développement, telle doit être notre ambition pour la nouvelle période historique. La rencontre de la pensée socialiste du monde moderne et de la réflexion écologiste donne naissance à une nouvelle vision. Celle-ci deviendra féconde, si elle se traduit en propositions et en actes dans un an, après l’élection présidentielle et les législatives, par un pouvoir neuf, conscient de ses responsabilités à l’égard des Français. J’espère, je sais que vous contribuerez à le faire naître.

Lionel JOSPIN

46 réponses à “Université d’été du MJS à La Rochelle”

  1. Vikash dit :

    Une intervention de haut niveau malheureusement éclipsée par les déclarations émouvantes de Lionel Jospin sur le 21 avril.

    Il est triste que l’essentiel soit toujours supplanté par l’accessoire dans la presse. Cela a coûté cher à la gauche et à Lionel Jospin en 2002.

    Nos rapports au pouvoir, à la transformation sont essentiels et méritent que nous nous y arrêtions souvent pour ne pas perdre l’essence de notre engagement. Lionel nous permet un retour utile sur ces questions avec la rigueur intellectuelle qui le caractérise. C’est une contribution précieuse à la définition de l’identité socialiste et par conséquent une ossature solide dans la construction d’un programme présidentiel.

    Merci.

  2. Meyer dit :

    Lors de ton intervention et de tes réponses aux questions du MJS, tu as cité, parmi les éléments d’ambiance particulièrement lourds de la période de campagne présidentielles de 2002, la tuerie du conseil municipal de Nanterre le 27 mars.
    En tant que présidente du groupe des élus socialistes de Nanterre, faisant de surcroit parti des blessés graves, avec des séquelles, je voudrais ici témoigner de l’appui que tu as été capable de nous apporter dans une période où tu avais bien d’autres problèmes à penser.
    Au delà du soutien officiel, tu as aussi eu le temps avant ta démission de tes fonctions de premier ministre de prévoir le versement d’un fond de solidarité destiné aux familles des élus.
    Grâce à toi, les familles des victimes et les 10 orphelins ont pu bénéficier rapidement d’une aide; les blessés qui, comme moi, n’avaient pas un statut de fonctionnaire ou un contrat de travail protecteur, ont pu avoir leurs frais médicaux et de rééducation entièrement couverts. A ce jour, nous sommes encore quelques uns à ne pas avoir été indemnisés, ceux pour qui l’absence de statut correct des élus nou prive de la qualification d’accident du travail et de la reconnaissance du préjudice professionnel (perte de salaires et de cotisations sociales).
    Dans les discussions que nous avons pu avoir entre nous sur ce qui s’était passé ce soir là, nous sommes plusieurs à avoir le sentimetn que nous avons été le fusible d’une situation grave de frustration sociale et individuelle par rapport à des façons de faire de la politique auxquels tu t’étais toujours opposé : clientèlisme, promesses non tenues, arrangements personnels, paillettes médiatiques. L’homme qui nous a tiré dessus était un miltant, un homme qui exécutait un conseil municipal de façon systématique pour “faire le ménage”, pas un déséquilibré en état de délire.
    J’ai toujours la conviction qu’il y aura d’autres Durn si les politiques ne comprennent pas qu’ils ont une fonction d’exemplarité à côté de leur fonction de séduction : pas une exemplarité morale ou légale mais une exemplarité de responsabilité où les actes et les paroles sont systématiquement assumés… et expliqués.
    Tu viens de nous donner, enfin, tes explications sur le 21 avril, explications dont nous étions amputés depuis 4 ans. Certains ont tourné la page, d’autres restent dans la nostalgie de l’inachevé. dans l’un et l’autre cas, il s’agit de sentiment et non d’efficacité.
    Mais il n’y aurait d’efficacité de ton retour en politique, à mon avis, que si tu retrouvais ce formidable pouvoir de séduction qui nous a fait gagner 1997. Tu fais partie de ces gens qui ont prouvé concrètement qu’ils allaient au bout de leurs engaments, tu n’as donc pas besoin de nous le prouver. Mais as-tu envie de nous montrer une exemplarité du plaisir de vivre ensemble où la compétition forcenée est remplacée par la solidarité, où l’ambition est collective, où les valeurs sont fortes mais leur mise en oeuvre est souple ?
    Les citoyens ne supportent plus que les politiques fassent la morale ou donnent des cours d’économie: ils ocnsidèrent cela comme infantilisant, comme un manque de respct. Parce quils n’ont plus confiance dans les discours, ils leur demandent une cohérence forte entre leurs modes de vie et d’expression et leurs engagements publics.
    Il y a un véritable espace pour un président de la république qui ne soit pas un chef de gouvernement et dont l’ambition se limite à une éthique politique européenne et internationale, diplomatique et militaire, et à une vigilance sur les actes du gouvernement et le fonctionnement des institutions…
    Si nous étions cohérents avec nous-mêmes, ce n’est un candidat à la présidentielle que nous désignerons mais un duo exécutif : président + 1er ministre car c’est ainsi que vont fonctionner les institutions avec le quinquennat.
    Merci de recommencer à t’inscrire dans le débat et surtout ne laisse pas les rancoeurs et l’acidité imprégner tes interventions : le socialisme, ce n’est pas, ce ne doit pas être “le maillon faible”. Laissons cela à la droite et cosnervons ce beau principe démocartique où une voix = une voix, une ambition = une ambition. La légitimité vient de la capacité à construire, pas à détruire.

    Marie-Laure Meyer
    Présidente du groupe socialiste de Nanterre
    2e adjointe au maire
    Conseillère régionale d’Ile-de-France

  3. Arnaud dit :

    Tu étais le bienvenue ! Merci à toi d’etre venu.

    Arnaud

    http://www.forum-socialiste.net

  4. Thomas dit :

    Cher Vikash

    Vous dites “”Une intervention de haut niveau malheureusement éclipsée par les déclarations émouvantes de Lionel Jospin sur le 21 avril.”

    Mais çà c’est l’histoire qui le dira… Hé !

    Plus de débats : http://2008.hautetfort.com/

    Thomas

  5. cottin dit :

    Même si je trouve que vous intervenez un peu tard même si je comprends votre désertion suite à l’échec électoral de 2005 où vous avez pu vous sentir abandonné, je trouve bien d’avoir participé au débat avec les jeunes militants de votre parti contrairement à Segolène Royal qui, même si l’ambiance pouvait y être tendue, aurait pu profiter de cette occasion pour s’expliquer avec ses détracteurs.

    Sinon dans une émission “n’ayons pas peur des mots” sur Itélé une remarque que je trouve plutôt intéressante et légitime, jugeait étrange que le PS s’entêtait à vouloir s’accorder avec l’extrême gauche alors qu’il paraîtrait plus “productif” de trouver des accords avec François Bayrou. Il semblerait que les élites du PS n’oseraient avouer leurs points communs politiques avec le responsable des centristes.
    J’aimerais savoir ce que vous donne à penser cette analyse. D’ailleurs je suis moins surpris de voir Michel Rocard participer à une réunion politique de l’UDF que s’il avait s’agit de la LCR bien que tout débat soit utile.

  6. beaudouin dit :

    Je trouve qu’avec LIONEL JOSPIN on arrive tout de suite sur les questions de fond. Je pense que l’analyse de la défaite de 2002 a été stratégique avec un premier ministre faisant campagne alors qu’il est aux affaires : difficilement gérable il me semble. De plus la multiplicité des candidatures à gauche
    a été fatale et la je revoins votre analyse sur la culture de gauche des partenaires socialistes.
    Je ne suis pas tout a fait d’accord avec la notion de démocratie que vous proposez.
    le rôle des partis politiques est important mais ne correspond pas forcément à l’attente des citoyens.
    Je suis beaucoup plus favorable à des consultations populaires plus régulières au niveau national et local.
    Je suis toujours surpris de la façon dont nos politiques gouvernent en imposant leurs choix .
    Dans cette perspective il me semble que l’élection présidentielle est une hérésie car elle suppose que le chef suprême serait un guide avec beaucoup de pouvoir.
    Il me semble qu’il faut revenir a une république parlementaire soucieuse de l’intérêt général.
    La gauche n’a pas remis en cause les institutions de la vème république dommage.
    Il me semble que les 2 enjeux importants sont le développement durable avec une initiative forte de l’europe dans ce sens et la recherche et développement .
    l’europe n’est pas leader dans le numérique pourquoi ne serait elle pas dans le durable : à savoir les nouvelles energies et une recherche sur le remplacment à terme du moteur mû grâce au pétrole.
    Après ces réflexions je souhaite vraiment que vous représentiez à l’election présidentielle car vous abordez toujours les questions de fond avec lucidité et rigueur.
    Je n’arrive toujours pas comprendre les français qui ont préféré élire un président démagogue et usé .
    TENEZ BON ET ON VOUS SOUTIENDRA.

  7. Rémi Brun dit :

    Cher camarade!
    j’accueille avec joie ton retour dans le coeur du débat, au sein de notre parti. Je pense que ton expérience et tes capacités nous serons très utiles dans la phase qui s’amorce. Par contre il me semble qu’en tant que possible candidat ton tour est passé. Les évènements de 2002 et la manière dont tu les as tranché alors me semblent tirer un trait définitif sur ce plan.
    Je n’ai pas encore choisi mon candidat pour le vote de novembre, mais je crois qu’il faut passer à une autre génération.

    Amitiès socialistes.

  8. Jacques dit :

    Une bonne analyse de l’Université de La Rochelle sur le Blog du Chi : http://blogduchi.canalblog.com/archives/2006/08/28/2543459.html
    Bon courage à vous

  9. Glen Vervorsch dit :

    Quand je lis ce texte, je me dis que j’aurais aimé être à La Rochelle ce jour là…
    J’aimerais continuer à entendre des discours comme celui-là, et les voir accompagnés d’actes, jusqu’en 2012…

  10. Yann Henry dit :

    Merci Lionel pour ce très beau discours qui incarne tout l’homme politique - et non politicien au sens nombriliste trop souvent présent dans le paysage politique - que tu es. Merci pour l’homme qui se sacrifie au travail pour l’intérêt du peuple français que tu aimes et cela malgré les déconvenues des élections passées.

    Cette intervention brille par sa simplicité qui rime ici avec efficacité et dynamisme, deux mot empruntés bien mal à propos dans les derniers vœux présidentiels. Il est regrettable de constater que nos dirigeants actuels creusent le fossé de la communication avec les français. En exposant des questions et des arguments dévoyés par l’emploie d’un “volapük politique”, ils sèment la discorde au sein des partis mêmes (PS compris) et trompent les français comme ce fut le cas lors du référendum sur le T.C.E. Cet outil si cher à notre République est défaussé et ne laisse aux français que le sentiment qu’ils sont gouvernés et non dirigés. Ne nous étonnons plus si leur réaction première est le rejet. J’espère que le prochain président(e) socialiste – quel qu’il ou elle soit - redorera l’image du gouvernement auprès des français en les traitant comme des citoyens responsables à même de comprendre les enjeux de notre société et par conséquent les décisions et réformes qui s’y imposent, pour peu que l’on veuille bien leur expliquer pragmatiquement. C’est dans cette optique de réelle sincérité – mot lui aussi souvent employé à tort et à travers – que l’on cessera de masquer la réalité derrière des citations de Rabelais.

    Puisse le PS et son futur représentant aux élections de 2007 montrer l’exemple de ce qui pourrait devenir, qui sait, une base de la VIème République.

    Avec tout mon respect,

    Yann.

  11. Lancelot dit :

    Blablabla … Belle note écrite par de gentils conseillers ?

  12. J’ai lu le commentaire de Marie-Laure Meyer en numéro 2 de cette page de blog avec beaucoup d’émotion et d’intérêt et je souhaite y apporter moi aussi ma contribution. Je pense que vous avez posté ce commentaire à cet endroit-là, Marie-Laure, afin que les Jeunes socialistes s’y intéressent, et vous avez bien fait à mon avis. Pour ma part, j’ai 40 ans, et je suis adhérente du Parti socialiste, fédération de l’Aisne.
    Vous soulevez le problème du manque de “statut de l’élu”. Je pense moi aussi que cette question est primordiale.
    La proposition de Lionel Jospin de ramener tous les mandats politiques nationaux et locaux à 5 ans (proposition faite dans son programme présidentiel de 2002), est éminemment intéressante.
    Je pense qu’il serait également intéressant de se pencher sur le mode de désignation des conseils municipaux au sein des partis politiques, dont seuls les têtes de listes sont désignées par l’ensemble des militants.
    Amicalement.

  13. Stephane dit :

    Bonjour,

    Je partage l’analyse faite un peut plus haut…. Je pense que l’avenir est au centre et non pas aux extrêmes….Il faut revenir à des décisions pragmatiques peut importe quelles soient de gauche ou de droites… STOP aux ideologismes

  14. Merci Lionel de cette intervention.
    Je n’ai jamais douté qu’un jour, elle aurait lieu.

    Il faut y aller maintenant !

    Amitiés socialistes

    Guillaume de Haute Savoie Forever !

  15. serge dit :

    Je vais me permettre d’être direct et très franc… Tu te déclare militant de base, adhérent du parti et militant dans un arrondissement parisien. Bien, donc à LA ROCHELLE, tu ne devais intervenir qu’en cette qualité.

    le PS a établit un projet … reste simplement à désigner qui en sera le chef d’orchestre.
    Tout le monde s’accorde à dire :”c’est aux militants de désigner le candidat”. Soit, alors, laissons les faire. Septembre arrive, première réunion des sections. Les militants discuteront… un nouvel échange se fera sans doute en octobre et la date fatidique de désignation arrivera plus vite que tu ne le penses !!!
    Si d’aventure tu estime devoir te porter candidat, fais le comme les autres et la situation sera claire pour tout le monde.

  16. WABO MABOU dit :

    Monsieur JOSPIN,

    C’est depuis Bruxelles que j’ai appris par les médias votre retour. Je n’ai pas vu les images, mais comme beaucoup de Français, je suis rassuré par votre entrée dans les débats de la présidentielle qui s’annonce.
    J’ai toujours été convaincu de ce retour, même s’il intervient tard selon moi, mais il a le mérite de rassurer.
    Votre echec de 2002, que j’explique aussi par la dispersion de voix à gauche(j’ai personnellement voté pour Jean Pierre CHEVENEMENT, en esperant voter pour vous au second tour) nous a tous meurtri, ce d’autant que nous sortions d’une législature pendant laquelle beaucoup de choses positives avaient été faites.
    J’ai commencé à sentir que ça pouvait tourner mal, quand Jean Pierre CHEVENEMENT a quitté le gouvernement, alors qu’il faisait du bon travail, pour un ministre de l’intérieur de gauche.
    Je souhaite, et j’espère que les militants comprendront, que vous êtes le seul qui saura réhabiliter le politique de part vos qualités d’homme intègre, et d’Etat.
    Par contre, n’oubliez pas la politique africaine de la France, car beaucoup de Français d’origine africaine comme moi en ont marre que la France soutienne des dictature qui font tout pour que ces pays restent dans l’état dans lequel il se trouve aujourd’hui, avec la complicité des réseaux Foccart et Pasqua qui sévissent toujours là bas.
    Je sais que vous saurez rassembler autour de votre personne et votre projet les forces vives du P.S, car je crois qu’à un moment, certains reviendront sur terre.

  17. pedrini rené dit :

    lionel il est temps de laisser la place a du renouveau nous en avons ras le bol de tous ces éléphants du PS un souffle noyveau doit souffler et Sédolène ROYAL représente une nouvelle manière de gouverner et c est a vous de l’aider dans sa tache si on veut gagner les élections.

  18. Samuel Blanchot dit :

    Oui, ton retour à la Rochelle fut le bien venu et même souhaité par beaucoup je suppose , mais maintenant, apres ton discours sur ton bilan (tres bon ) ,ce que tu avais fait …il faut te tourner vers l’avenir et nous proposer un chemin, des perspectives un projet plus abouti que celui du PS a l’heure actuel , avec une vraie ouverture à gauche , salaire, droit du travail….et aussi la defense de nos valeurs a gauche et surtout ne pas chercher à aller sur le terrain de la droite , car tu ne pourras pas ratisser chez eux, ils ne veulent ou ne peuvent comprendre….
    J’attends tes propositions,ton ambition pour nous tous , et enfin et surtout que tu sois investi par les militants , car Ségo n’a a mon avis que comme seul avantage d’etre une femme, mais cela n’est à mon avis pas suffisant pour etre président , d’autant qu’elle n’a pas compris qu’il fallait qu’elle defende des valeurs socialistes et non arrivistes en fonction de ce que dit sarko .
    Et puis Mitterrand à eu 2 échecs avant d’etre élu, Chirac de même, donc la 3ème sera la bonne !
    Et puis beaucoup qui etaient sur que tu serais au segond tours en 2002 ( a cause des médias) et qui étaient sur de voter pour toi au segond tours, on été déçus de leur erreur, et crois moi , ils ne recomencerons pas ! Moi j’avais déjà voté pour toi au 1er tours, mais dans mes amis , beaucoups avaient fait la bétise qu’il ne referons plus je l’espère .

    Jospin Président!!!!

    Merci Lionel !

    Samuel

  19. benjamin dit :

    Bonjour, auriez vous le temps ou pas, auriez vous envie ou pas de lire ce commentaire demandant à quoi cela sert-il de
    retourner en politique aprés avoir citer en 2002:
    -”Je quitte la scène politique française.”
    Pourtant celà m’étonne car l’on dit toujours que les éléphants n’oublient jamais.
    Mais peut-etre qu’il y a une exception pour les “éléphants” du PS.

  20. françois dit :

    Bonjour Monsieur Jospin,

    Votre intervention était attendue des Français,toutes idées politiques confondues, une chose est certaine celà a été un temps fort de ce congrès et vous avez contribué à relever le débat. Vous avez trop tardé à vous ouvrir aux Français sur vos ressentiments personnels mais il est grand temps de clarifier les chose au P.S.
    car les Français veulent un vrais débat d’idées fondé sur autre chose que ce qui se passe actuellement.

    Sincères salutations et bonne chance dans votre action !

  21. Claude ASSIRA dit :

    Monsieur le Premier Ministre,

    Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer sur le site du Parti Socialiste, au lendemain de votre intervention sur la première chaîne de télévision française, je me réjouis infiniment de votre réapparition au premières loges du débat et j’espère, qu’elle se transformera par votre candidature (et votre élection) à la Présidence de la République.

    Tout simplement, vous êtes un homme appréciable et je vous apprécie.

    Bonne chance.

  22. Olivier R dit :

    Merci Lionel et à bientôt Monsieur JOSPIN
    Depuis 5 ans, depuis ce 1er tour où j’avais pour la 1ère fois ( j’ai 47 ans) voté utile au 1er tour, je me désespérais de ne voir aucune signe important d’un retour de Lionel. Bien sûr la démarche, le chemin qu’il a emprunté n’est pas facile mais il a un sens celui de l’engagement au service du peuple sans forfanterie ni appârat. Bien sûr que la communication est importante et il faudra que Lionel Jospin se prête au jeu médiatique mais si la route est difficile, elle peut générer un souffle, une dynamique nécessaire pour aller au bout c’est à dire ;
    1 : montrer aux militants sa différence ;
    2 : triompher de la candidate virtuelle sur le plan des idées générales ( on pouvait rêver meilleur exemple pour faire avancer la cause des femmes);
    3 :battre Sarkosy qui espère bien qu’on lui opposera ségolène.
    Allez Monsieur Jospin, il faut y aller ! On est avec vous ; ne nous décevez pas ; il va falloir attaquer sur tous les fronts.
    Bon par ailleurs, il y a un souci avec le blog. Est-ce dû à un problème de conception ( voir le webmestre) ? , Est-ce dû à une trop grande affluence sur le site ( ça serait bien) ou faut-il y voir une action malfaisante ? En tous les cas, il va falloir arranger cela pour dynamiser l’espoir formidable que vous allez susciter.

  23. Georges dit :

    Je viens de lire les interventions de L. Jospin et les commentaires qui suivent , qui me paraissent soigneusement triées : que du pour , à quelques rares exeptions près . Un vrai raz-de-marée !
    En 1995 j’ai voté Jospin ( comme 23 % des français ) et je ne le regrette pas , en 2002 il est passé à un peu plus de 18% , j’ai voté Taubira et je ne regrette pas non plus .
    C’est qu’entre les deux il y a eu son bilan : des nationalisations importantes à tour de bras , les sommets de Lisbonne et de Barcelone , lourds de menaces pour les salariés , une nouvelle et importante perte de pouvoir d’achat pour les fonctionnaires , une baisse d’impôt , pendant les deux dernières années de son quinquennat , pour les plus riches …Son projet n’était pas socialiste , mais son bilan non plus !
    Il avait annoncé sa retraite , c’était une bonne initiative , à presque 70 ans il est temps qu’il arrête , comme le ferait n’importe quel dirigeant des grands pays de l’OCDE .

  24. Philippe Chet dit :

    Monsieur,

    Je ne permets pas de remettre en cause vos qualités. Vous avez largement prouvé votre savoir faire en matière de gestion des affaires. Vous êtes une des rares personalités politiques à être honnête. Cela ‘est aussi très important.
    Mais suite à la dernière présidentielle, vous avez éteint un interrupteur, laissant le parti et ses militants livrés à eux même. L’explication donnée à La Rochelle et retransmise sur tous les médias, si elle en a fait pleurer plus d’un, ne me satifait pas, et m’a assez déçu. En tout les cas elle ne justifie pas votre comeback. Que se passera-t-il, si (si) vous êtes candidat et qu’un scénario similaire se reproduit en 2007 ?

    Que se passera-t-il si vous êtes au commande et q’une décision ou qu’un choix que vous prenez, même s’il est juste à vos yeux, isole la France sur le scène internationnale ? Serez vous combattif, ou nous plongerez vous dans une retraite en attendant que des jours meilleurs arrivent ?

    Enfin etr sourout, vous faites partie de l’ancienne génération du PS. Il suffit d’entendre les discours des ténors qui vous soutiennent: rien de neuf ni dans la forme ni dans le fond. PLACE AUX NOUVELLES TETES, IDEES, JEUNES. Si les dirigeants ne se renouvellent pas, le parti va moisir !
    Vous, les anciens, vous leurs serez toujours d’un très bon secours pour leur prodiguer conseils.

    Avec mon respect:
    Philippe

  25. L. Serrano dit :

    Monsieur Jospin,

    Comme jadis un autre protestant célèbre, vous vous êtez dit que “Paris vaut bien une messe”, autrement dit pour vous, que l’Elysée valait un changement radical de convinctions qur la question de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels. Le mariage n’est donc plus pour vous “l’union d’un homme et d’une femme”, et ce, pour quelques voix de plus ! C’est triste… affligeant ! Je suis certes plus chrétien-démocrate que social-démocrate, mais comme protestant je vous trouvais une certainr hauteur de vues et surtout une certaine rigueur qui vous placez alors à pat au milieu des autres candidats socialistes (déclarés ou non) pour la présidentielle de 2007. En succombant aux modes et aux idées en vogue, en vous conformant au politiquement et au médiatiquement correct du moment, vous perdez ce qui faisait de vous un homme politique différent, un peu comme M. Bayrou, ce chrétien-démocrate atypique. De grâce, retrouvez les voies de la raison sur cette grave question de société que l’on ne peut laissé à la seule apréciation des modes du temps présents comme du pouvoir législatif. La famille est en crise, la violence gagne notre jeunesse, ne croyez-vous pas qu’il est temps de remettre un peu de repères (littéralement de “pères”) dans notre société ? Il est urgent de ne pas toucher aux structures conjugales et familiales traditionnelles. Pour le reste, vous avez institué le PACS, améliorez-le et c’est tout ! Quant aux enfants, vous ne pouvez les priver du conjoint de l’autre sexe sans causer un jour quelques dégats psychologiques. Demandez à votre sage épouse, elle vous éclairera mieux sur la question que les sondages ou le lobbying de quelques groupuscules communautaristes.
    L. Serrano

  26. Melodie dit :

    A la lecture du passage sur le public qui aidera à pourvoir à quelques emplois parce que le seul marché n’y suffira pas, j’ai repensé à mon NON, mûrement réfléchi après avoir lu l’intégralité du projet de constitution européenne qui ouvrait la voie à la libéralisation des emplois dans les différents secteurs publics d’une part, et ne prévoyait toujours pas d’harmonisation fiscale (individus et entreprises) commune à l’ensemble du territoire.

    Qu’en est-il aujourd’hui de la vision des socialistes “mandatés” quant à une constitution européenne qui ne soit pas des généralités truffées d’exceptions à la carte en fonction des Etats ?

    Ce projet de constitution donnait une photographie des divergences existant hélas à très très haut niveau de la “prochaine Europe”. Mieux valait réformer cette photographie peu flatteuse alors que l’unité monétaire est une réussite, même si au niveau individuel notre pouvoir d’achat en a pâti.

    La gauche se sent-elle apte et capable de proposer une constitution simple et claire, tendant vers une harmonisation d’ensemble (taux de TVA, taux d’impositions, harmonisation des peines, des retraites, etc, etc) ?
    La droite le pourrait-elle aussi ?
    Combien d’années pour atteindre ce but ?

    Qu’elles sont les différences entre la droite et la gauche quant à la stabilisation de l’Europe ?

    D’avance merci pour votre réponse.

  27. JeanPo dit :

    Quid d’un positionnement comme Jacques Delors ?
    Càd, libre et sage au profit de la France et de tous les Français …
    Je salue les actions menées entre 1997 et 2002 (sur le fond et la forme)
    Puisse le PS trouver la voie du succès pour 2007 !

  28. Cher camarade Lionel,

    Ton intervention devant le MJS à La Rochelle,démontre encore une fois,que les français ont soif d’authenticité. Il la redécouvre !

    Va au devant des français , rencontre les le plus possible. Si tu fais cela, tu deviendras notre candidat.

    Fais le pour la France.

    Manuel Navarro

  29. Renaud Himpens dit :

    Bonjour,

    Je suis un jeune étudiant et j’ai récemment adhéré au Parti socialiste. Je te remercie Lionel d’être revenu sur la scène politique car nous manquons cruellement de personnalités compétentes pour un mandat présidentiel.
    Ségolène Royal avait été invitée à Sciences Po Bordeaux; elle avait alors fait une excellente prestation : dynamique, brillante… Mais après coup, beaucoup d’entre nous avions l’étrange impression de rester sur notre faim, comme une sorte de gueule de bois… Tout avait tourné autour de sa condition de femme et finalement trop peu de choses sur sa conception de l’éthique politique, sa vision des institutions et de la société.

    Mais ce n’est pas le pire selon moi : Le vote des adhérents au PS n’a pas encore eu lieu que Ségolène Royal, personnalité favorite des sondages, annonce déjà la formation d’un “état-major de campagne”.

    Alors que Ségolène se refuse à tout débat interne, prétextant que le véritable objectif est “de battre la droite” et que tout ce qui peut désunir les socialistes doit être dissimulé aux yeux des français (on est loin de sa critique des 35 heures ou des propos sécuritaires), refuse une invitation des jeunes socialistes n’ayant pas eu les garanties d’un “débat serein” (selon ses proches), à cette heure une unique question se pose : sur quelles bases sommes-nous censés, à condition que l’on suive cette ligne sondageomaniaque, départager les candidats à l’investiture socialiste lors des primaires de Novembre?

    Une personnalité politique qui n’a dévoilé aucun programme mais qui remet déjà en cause ouvertement les lignes retenues par la majorité absolue des adhérents de son propre parti, qui refuse le débat par peur de l’ardeur des jeunes de son propre parti et qui n’a acquis aucune expérience internationale peut-elle gouverner un pays?

    Je ne sais pas si tu auras l’occasion de me lire Lionel mais je tenais à te le dire : tu m’as fait pleurer en 2002 et ta défaite est mon premier souvenir politique. Mais j’avais été touché par ton geste et j’ai aujourd’hui de la reconnaissance pour ton action politique, ta dignité, ton honnêteté et ta compétence. Ils vont pour moi à contre-courant de la tendance à la peopolisation du pouvoir, et je t’en remercie vivement.

    Aux adhérents, qui défendent la politique du sondage sur laquelle la présidente de Poitou-Charentes s’appuie je souhaite les mettre en garde : le rouge des pétales de la rose certes, mais aussi les épines. Le Parti Socialiste ne doit en aucun cas délaisser la critique et la confrontation, sous peine de ne devenir rien d’autre qu’une fleur de papier que l’on froisse et l’on jette dès le charme dissipé.

  30. janus dit :

    Je partage l’avis d’un commentaire : quand laissera-t-on les idéologies désuètes COMPLETEMENT DE COTE, et osera-t-on enfin s’allier avec le voisin de “droite”, par exemple F. Bayrou ? L’écart est trop important entre des idéologies révolutionnaires, ou au moins gauchistes/démagogiques, idéalistes mais irréalistes, et la pragmatisme indispensable lors de l’exercice réel des responsabilités : laissons donc les pures idéologues à leurs rêveries, et allions-nous à des partis capables de passer à l’action !
    Et énonçons les priorités de façon claire : à entendre les interventions, tout est d’égale importance (le chômage, l’insécurité, les retraites, la croissance, la diplomatie, la canicule,les morts sur la route, le traitement des maladies orphelines, le SIDA, l’endettement de la France, la pollution, les inondations, le déficit du budget, le logement, les setc…=çà dépend des moments et des interlocuteurs.

  31. depinay dit :

    J’ai beaucoup de respect pour le travail accompli par Lionel Jospin en son temps et j’ai voté dès le premier tour, mais la situation actuelle du Parti est détestable et ridicule. Lonel Jospin a choisi non sans sagesse de retirer en son temps. Il est exclu qu’il puisse revenir sur cette décision. Elle ne ferait qu’augmenter la confusion. Actuellement il n’y en a pas un pour sauver l’autre et c’est dramatique. On ne se demande pourquoi tant de frilosité vis àvis de gens jeunes et surtout la faiblesse inqualifiable du nombre des jeunes gens dit ” de la deuxième génération”. C’est un travail qu’il aurait faire depuis longtemps. Je suis exaspérée par tout ce qui vient du parti en ce moment. On voudrait nous emmener dans le mur qu’on ne s’y prendrait pas autrement. J’ai beaucoup regretté le retrait de Delors en son temps. Pas un ne l’a jamais égalé. Mais il n’avait pas le goût du pouvoir ou pensait-il ne pas pouvoir faire le travail. Je ne sais pas. Ségolène est bien mignonne mais elle est un peu légère et on se demande ce qu’il y a de sérieux derrière cette jolie façade. Autrement dit nous sommes dans une situation inquiétante. Je ne veux rien dire des autres car je pourrai être méchante et ce n’est pas le but. Il y a urgence et c’est bien tard . Depinay

  32. ZIMM dit :

    Enfin du fond et un retour sur les acquis de la gauche qu’il ne faudrait pas trop oublier. En effet en ne prenant que l’exemple de l’évolution de l’emploi salarié (hors fonctions publiques et professions agricoles) et déclaré UNEDIC :
    entre 1997 et 2002 = + 1 767 000 emplois (gouvernement Jospin)
    entre 2002 et début 2006 = + 180 000 emplois (gouvernements Raffarin et De Villepin)

    à méditer!!!!!!!

  33. Paul dit :

    Miam ! Formidable, votre numéro du mea culpa et la voix chevrotante, épatant. Pas mal non plus, le petit beur-accessoire, très de gauche.

    Monsieur Jospin, quand on se retire de la vie politique, et que l’on plante les ” siens ” en les laissant dans leur merde, on ne revient pas prodiguer des conseils et taper sur le dos des autres. Je ne suis pas de gauche, mais à voir le spectacle de déchirement et de coups bas à chacun de vos congrès ou psychodrames de réunions auxquelles chacun rentre fâché et sort par miracle en parlant d’unité face à la droite, mais c’est quoi ce cirque ?

    Vous prenez vraiment les gens pour des cons.

    Des conseils ? Grotesque. Il n’y a que Ségolène Royal qui est appréciée des français, et encore, la pauvrette n’a qu’un mot la bouche, à défaut d’un projet, c’est de parler de machisme. Ben dites moi…

    Quand Le Pen sera au deuxième tour, et il y sera, grâce au front commun que vous aidez à mettre en place, vous ferez quoi ? Vous tirerez les conséquences de votre échec et quitterez la planète ?

    Quand on dit que l’on se barre, parce que l’on a foiré sa campagne et qu’on a tout simplement été mauvais, merci les 35 heures, dont vous dites que ce n’est pas votre faute, merci aussi la réforme des retraites que vous n’avez pas faite, c’est la faute de Hollande.

    Je me souviens de votre mutisme, pour ne pas dire autisme façe aux ouvriers de Moulinex.

    Barrez-vous. Laissez la place aux jeunes. Vous n’avez vraiment aucune parole, et encore moins de sens de l’honneur.

  34. laveau michel dit :

    Lorsqu’on a gouverné pendant 5 ans (plutot bien) et qu’au bout du compte on ne recueille que 16% de l’électorat, c’est que vraiment , il y a un problème grave de relation avec le “peuple de gauche”. Le refoulé affectif qui se manifeste dans les lapsus à répétition est une barrière infranchissable pour atteindre les ressorts cachés qui entrainent l’adhèsion et le vote. Le discours rationnel, auquel j’adhère, me suffit à moi (34 ans de parti) mais je vois bien autour de moi qu’il est incapable de déclencher l’enthousiasme nécessaire pour une victoire de la Gauche. Certes, il est précieux pour éviter les dérives et les égarements, mais il doit se mettre au service de celui (ou celle) qui sait instinctivement trouver les moyens de créer le mouvement obligatoirement passionnel qui remporte l’élection.

  35. Parrick Verlack dit :

    Enfin tu reviens ! me voilà soulagé…
    Bonne chance à nous !!!

  36. komera dit :

    je voudrais revenir sur le commentaire n°37 de laveau michel
    d’emmblé je précise que je ne suis pas d’accord avec son analyse.

    est ce que l’élection présidentiel se résume à une simple cote de popularité genre casting starac?

    aujourd’hui, il est évident que lionnel jospin est la personne la plus apte à remplir le role de président de la république.
    mais pour cela il devra convaincre -parmis d’autres exigences- que le fond est plus important à l’image superficielle que les media veulent nous imposer.

    courage jospin
    de la part d’un bruxellois

  37. Pierre dit :

    Lionel,
    C’est un vrai soulagement de te savoir là pour faire avancer le débat. A l’évidence, Sarkozy n’a pas la serenité et le calme de la fonction;il n’a pour lui que le désir. 9 ne suffit pas pour une grande puissance comme la France. Quant à la camarade Royal, il est clair qu’elle manque d’envergure. Le ps n’a pas le droit d’aller au casse-pipe.Je pense que chaque socialiste au fond de lui-meme a déjà intégré ta candidature.Ne tergiverse plus.c’est le moment.
    Pierre.

  38. béatrice dit :

    l’élection présidentielle, c’est une envie de part et d’autre.
    d’un côté un ou une candidate, de l’autre côté les citoyens. Et les deux doivent avoir envie de l’un et de l’autre, au-delà de tout discours et de tout programme, il faut l’envie - Si vous l’avez, d’accord, sinon mieux vaut contribuer à la victoire du candidat qui sera désigné par les militants.
    (Vous souvenez vous de 1981, et de la campagne de françois mitterand, vous y étiez excellent, mordant, présent….).
    A vous de jouer, et bon courage

  39. EINHORN dit :

    LIONEL VITE PRECISE TA POSITION…ET DECLARE TA CANDITATURE !

  40. Glen Vervorsch dit :

    Je trouve que les quelques commentaires hostiles à L. Jospin qui figurent sur ce blog sont tellement répétitifs et formatés, que j’ai beaucoup de mal à croire qu’ils ne sont pas téléguidés par ses opposants. C’est amusant, toujours les mêmes expressions, les mêmes reproches puérils au sujet d’un prétendu “abandon”, alors que c’est lui qui a, le premier, été abandonné par les abstentionnistes sûrs de sa présence au second tour…

    Mais avant tout, cessons de revenir sur 2002, ce qui compte, c’est qui présidera la France de 2007 à 2012. Or je ne vois qu’un homme capable de rassembler les Français et de leur proposer les réformes nécessaires. Ni Sarkozy, qui divise la France, ni Royal, qui n’offre aucune solution car elle ignore les problèmes, n’en seront capables.

    UN VRAI PRÉSIDENT - comme on n’en a plus depuis longtemps - Voilà ce qu’il nous faut !

  41. beaudouin dit :

    cher lionel
    content que vous sortiez de votre réserve car il faut envisager les problèmes de fond avec détermination.
    Votre retour marque le retour à la politique en essayant de livrer des objectifs et non pas du commentaire d’actualité à tout bout de champ.
    Il faut que vous vous engagiez à fond dans la bataille et ne pas renoncer .
    Il faudra expliquer aux français votre retour pour battre la droite au pouvoir.
    faire preuve d’humilité et de patience avec axes prioritairesà mon avis
    Rétablir une république parlementaire avec des vrais débats et un développement de la parole citoyenne
    Développer l’europe avec l’objectif d’un développement durable et riche en croissance(on a pas de pétrole alors développons d’autres sources d’énergie et vite)
    Renforcer notre industrie qui se délocailise en chine et ayons l’esprit d’entreprise et de l’audace
    Politique sociale et de service public cohérente.
    ALORS IL FAUT Y ALLER ET EXPLIQUER LA DEMARCHE AUX MILIT

  42. Arnaud dit :

    Monsieur Jospin, revenez et declarez enfin vos intentions pour en finir avec 2002, les mea culpas, etc. Le parti socialiste et la France ont plus que jamais besoin de vous. Vous seul avez la carrure, la dimension ideologique et le respect de vos principes et de vos engagements pour nous sauver de la mediocrite ambiante.

    Declarez vous et luttez enfin, pas CONTRE quelqu’un comme en 2002, mais POUR le quelquechose en quoi nous croyons tous!

  43. Unioniste dit :

    Vous avez dit:
    “Transformer, parce que c’est la justification même du socialisme. Nous sommes un mouvement politique de transformation sociale.”
    et aussi:
    “Le parti socialiste et le parti radical de gauche ont pleinement intégré la problématique du pouvoir d’Etat. Ils sont des partis de gouvernement. Ce qui ne veut pas dire que le parti socialiste doive renoncer à être une force de transformation. Car gouverner permet justement de transformer.”
    Par contre on ne voit pas dans le discours qui suit ce que vous entendez par “transformation”.
    Vous vous placez dans les réformistes, face aux révolutionnaires. On peut vous suivre, mais le réformisme, c’est aussi la transformation profonde de la société par des moyens démocratiques et pacifiques! Et cette transformation, c’est bien aller vers la socialisation de l’économie. Or, à chaque fois que les socialistes ont été au pouvoir, la droite leur a succédé. Ne faut-il pas en conclure que cette timidité vis à vis de la transformation ne plait pas aux élécteurs? N’est-ce pas ce qui explique l’alternance? Car, disons-le, si les français avaient été satisfaits des actions des gouvernements socialistes, ils n’auraient eu aucune raison de voter ensuite à droite.
    Non, les socialistes ont oublié le véritable sens du mot socialisme et c’est toujours vrai, à la lecture du projet PS qui a été adopté en juillet. Il y a fort à parier que, si le PS revient au pouvoir en 2007, les élections suivantes seront de nouveau gagnées par la droite.
    Alors, à quand un vrai projet socialiste de transformation profonde de la société?

  44. Pour des images en longueur de l’intervention de Lionel Jospin à la Rochelle, vous êtes invités sur mon blog: johnpaullepers.blogs.com
    PS. Monsieur Jospin, mon invitation tient toujours!..

  45. Couturier Florence dit :

    Monsieur JOSPIN,
    J’ai suivi avec plaisir et soulagement votre retour sur la scène politique.
    J’espère sincèrement que vous déposerez votre candidature pour les présidentielles… et que vous serez choisi par les militants socialistes.
    Pour moi, vous êtes le seul qui pouvez redonner un souffle nouveau à notre pays. Votre retour me redonne confiance en l’avenir.
    En espérant que beaucoup d’autres se joindront à moi pour vous soutenir….
    Bien sincèrement….

  46. FERRET dit :

    Bonne retraite, cher Monsieur Jospin. Et surtout, surtout, profitez-en bien, sans vous sentir obligé de nous faire, à dorénavant tout bout de champ, “profiter” de votre expérience… (Surtout, SVP, en ce qui concerne la manière de mener une campagne électorale. Et, pour l’amour du ciel, que votre ancien “directeur de campagne”, l’inénarrable Glavany, fasse profil bas !…)

    Vous avez totalement foiré votre sortie. N’empêchez point des gens plus talentueux que vous, ou plus proches des aspirations du peuple, de faire de l’ombre à votre ego, effectivement et évidemment mis à mal.

    Cordialement,

    Jean-Paul FERRET

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